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Législatives / Myriam Crédot : « Il faut libérer les énergies dans tous les domaines »

Avocate de profession, élue d’opposition à Muret et présidente de l’association « Alliance citoyenne », Myriam Crédot est candidate indépendante à la députation dans la 7e circonscription de la Haute-Garonne. Suite à l’élection municipale de 2014, elle a mis en place un journal en ligne pour rendre compte de l’action publique et qui lui sert désormais de support pour sa candidature.


 

Politic Région : Comment avez-vous décidé de vous présenter en candidat libre ?

Myriam Crédot : Pour moi, c’est une suite logique par rapport à ce que je fais depuis trois ans sur le territoire muretin et aux alentours. Mes premiers pas politiques, c’étaient les élections municipales. N’ayant pas les manettes puisque la liste à laquelle j’appartenais n’a pas gagné les élections, j’ai voulu mettre en place un certain nombre de choses, notamment dans un cadre associatif. Je me rends compte qu’il y a des rouages à dépasser pour aller plus loin dans cette démarche au service de nos concitoyens. On doit passer aussi par la prise en main de certains pouvoirs et cette élection est la suite logique dune évolution vers un engagement qui m’amène toujours à essayer de faire plus pour le territoire et ses habitants.

PR : Comment percevez-vous le poids des formations politiques concurrentes et vos atouts face à celles-ci ?

MC : Ce que j’espère c’est que les gens entendront mon discours. Les appareils politiques ont des structures que nous, candidats indépendants, n’avons pas. Nous avons beaucoup de monde sur le terrain, ce sont des gens qui ne sont pas forcément des professionnels de la politique donc on se frotte effectivement à quelques difficultés au niveau logistique. Maintenant, au niveau du discours, j’ai l’impression que les gens écoutent ce que l’on a à leur dire et que celui-ci reste assez audible pour la plupart d’entre eux. Reste à savoir s’ils opteront pour l’engagement de terrain local ou pour, effectivement, une étiquette. Nous, notre discours consiste à dire que nous ne voulons pas être représentants d’un parti politique dans la circonscription mais des représentants de la circonscription à l’Assemblée nationale.

PR : Peut-on vous à la fois vous qualifier de candidat politique et apolitique ?

MC : Je n’aime pas trop ce terme d’ « apolitique » parce que ça laisse penser qu’on n’a pas d’idées, or ce n’est pas du tout le cas. Moi, j’ai un engagement politique qui est sur des lignes bien définies, j’ai des idées que certains qualifieront de libéral, de centre-droit. Même si je n’aime pas qu’on m’étiquette, qu’on me mette dans des cadres, parce que les idées que je défends ne sont pas pour des gens de droite ou de gauche, mais pour l’ensemble des citoyens. Ce que je défends, c’est une gestion rigoureuse de l’argent public – j’y tiens énormément –, la moralisation de la vie politique et un certain retour du bon sens dans les décisions politiques. Donc le terme de « apolitique » me gêne un peu parce que ça consiste à dire, dans l’inconscient collectif, un candidat sans idée, qui n’irait nulle part ; donc ce n’est pas de cette manière que je me définis.

PR : En qualité de présidente d’ « Alliance citoyenne », comptez-vous composer davantage avec la démarche associative ?

MC : La démarche de cette association consiste à permettre à des citoyens d’agir sur des domaines qui d’ordinaire sont laissés aux politiques. Je crois beaucoup à l’engagement des citoyens et au fait de mettre l’individu vraiment au cœur de l’action politique.

PR : Dans votre circonscription, quelle sera votre feuille de route ?

MC : Les problématiques, elles sont très nombreuses. De manière générale, mon idée consiste à dire qu’il faut libérer les énergies dans tous les domaines. Dans le domaine rural, on se rend parfois compte que des gens ont de la bonne volonté, de l’énergie, mais sont bloqués par l’aspect bureaucratique, administratif… Il faut simplifier tout cela et mettre à plat des dispositifs qui permettent à chacun d’agir sur son terrain, car le meilleur expert dans toute la circonscription reste celui qui habite le secteur. C’est cet individu-là qui connaît les revers plus que n’importe quel politique, cet individu qui sait quel service il faut apporter mais par contre il faut suffisamment aider ces gens-là à pouvoir mettre en place les services qu’ils veulent apporter sur leur territoire. Je pense que le rôle d’un élu n’est pas de décider pour les autres, mais d’aider les citoyens sur leur territoire à réaliser leurs projets, à s’épanouir et à pouvoir offrir à l’ensemble des concitoyens les services qu’ils sont en mesure d’apporter.

 

La réserve parlementaire : un outil de clientèlisme

 

PR : En tant que candidat libre, n’y a-t-il pas une difficulté à agir en solitaire, en dehors des groupes majoritaires ?

MC : Moi je pars du principe que les textes permettent à n’importe quel député de faire des propositions de loi donc le fait d’être tout seul n’est pas un obstacle à agir au niveau de l’Assemblée nationale. Le problème, c’est qu’en étant tout seul, on fait face à ces rouages d’appareils qui font que même si l’on amène une bonne idée, celle-ci peut être bloquée si elle ne répond pas aux aspirations de ces appareils-là. Je pense notamment au fait de non financement public d’un parti politique. J’estime qu’il doit vivre des cotisations de ses militants, de ses adhérents, pas de l’argent public. Par ma profession, je vois régulièrement des entreprises, des familles, qui sont percés par la fiscalité, qui sont dans des situations catastrophiques, et je trouve complètement irrespectueux de la part des partis politiques de vivre de cet argent public-là. Il est évident qu’en tant que députée, si je venais à faire une proposition qui vise à supprimer le financement public, je me retrouverais face à l’opposition de tous les partis politiques. Mais je pense qu’il y a des idées et des projets qui peuvent être menés par quelqu’un qui a un profil identique au mien – c’est à dire indépendant – avec l’aide de l’opinion publique, parce qu’il y a des attentes très fortes dans l’opinion publique, dont les intérêts sont parfois contradictoires avec ceux des partis politiques. Mais il faut effectivement que quelqu’un apporte l’idée à l’Assemblée nationale que derrière l’opinion publique puisse reléguer pour forcer un peu le passage de ces mesures impopulaires auprès de ces appareils politiques.

PR : Envisageriez-vous de former un groupe parlementaire avec d’autres candidats libres si vous veniez à vous retrouver dans leurs convictions ?

MC : Tout à fait. Même si nous ne sommes pas tout à fait d’accord sur l’ensemble, si nous sommes tous à défendre une liberté de parole et d’action alors cela ne pose pas de soucis de m’allier avec d’autres personnes. 

PR : Quelle est votre position sur la décision du gouvernement de supprimer la réserve parlementaire ?

MC : Je suis pour la suppression pure et simple de la réserve parlementaire. C’est outil de clientélisme. Pour moi, un député n’a pas à distribuer de subventions, ce n’est pas son rôle. Son rôle, c’est d’être auprès des citoyens et des acteurs politiques locaux. Ce rôle-là leur revient à eux, ce n’est pas aux députés de le faire.

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