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Gers / Législatives : Christophe Terrain joue la carte du "rassembleur"

Les jeux sont-ils faits ? A l'heure ou tous les sondages (et les premiers résultats des circonscriptions des Français à l'étranger) semblent indiquer qu'Emmanuel Macron va pouvoir compter sur une large majorité à l'Assemblée nationale, certaines circonscriptions connaissent encore l'indécision … C'est ainsi que dans la première circonscription du Gers la bataille est rude, virile mais correcte dit-on en terres rugbystiques, entre Jean-René Cazeneuve (La République en Marche !) et Christophe Terrain (UDI-LR) … Ceux deux-là devraient être les qualifiés pour le second tour. Christophe Terrain, maire de Riscle et conseiller départemental, ne désarme donc pas. Bien au contraire, il accélère même dans la dernière ligne droite en se positionnant habilement sur un créneau finalement assez proche du courant macroniste : « Il y a des moments ou il faut savoir dépasser les clivages politiques traditionnels afin de défendre le bien commun », a t-il confié ce matin en conférence de presse. « C'est plutôt proche d' En Marche ça, non? », s'amuse un confrère. La réponse de celui qui était encore il y a quelques semaines le président du géant « Vivadour » fuse : « Macron ou pas Macron, j'ai toujours fonctionné en recherchant le consensus. C'est ma manière de faire … J'ai envie d'être un député qui votera en fonction des intérêts de son département, et non pas de ceux des partis. »

Christophe Terrain et son suppléant Michel Laborie

 

Auch, capitale affaiblie ?

L'axe politique est original. Christophe Terrain ne tient pas compte uniquement des compétences dévolues au député pour faire campagne … « Je ne veux pas me résigner à voir ma terre décliner ! », nous dit-il en montant le ton. Les transports, le développement économique, le poids de la capitale auscitaine … Il profite de ce moment pour tout mettre sur la table. Son suppléant Michel Laborie (issu de la société civile, conseiller bancaire) enfonce même le clou en mettant en avant le concept d' « Auch 2030 » : « Dans les années 80 Auch était au coude à coude avec Albi. Aujourd'hui le fossé est énorme ! Les services publics se retirent, il n'y a aucun projet d'envergure d'annoncé, le commerce local souffre, le nombre de naissances baisse … Dans cette ville le scénario de l'inacceptable se met en route. Auch est devenue une vieille endormie ! C'est pour tout cela que nous souhaitons donner une vision, nous projeter à l'horizon 2030.» Le verbe est offensif. Il fait presque figure de pré-campagne municipale … Une posture relevée par la presse, mais sur laquelle Christophe Terrain ne laisse que peu de prise : « Si on veut redresser ce département, il faut proposer un plan qui puisse rassembler tous les acteurs. Je suis prêt à dialoguer et avec Franck Montaugé sénateur et président du Grand Auch, et avec Philippe Martin, président du département. Ensemble nous devons combattre le mal à la racine ! » Le discours prône l'ouverture, et les propositions sont mises au débat : « Toulouse vient de lancer un grand projet pour la gare Matabiau. Il faut profiter du moment pour discuter avec tous les acteurs liés à la politique des transports afin de rapprocher Auch de la métropole … Dans l'autre partie du territoire, il va falloir oser avoir les mêmes réflexions avec des villes comme Tarbes, voire Mont-de-Marsan. Pourquoi demain ne pas imaginer faire venir dans le Gers de nouveaux habitants qui travaillent sur Toulouse ou Tarbes ? Mon rôle de député sera donc de mettre en avant les qualités de ce département. »

Un département en danger

Pour Christophe Terrain « l'heure est grave » pour le Gers, même si l'intéressé n'aime pas être dans le déclinisme. « Il faut savoir regarder la réalité en face, et j'avoue être un peu las des discours locaux ou tout va pour le mieux. Non notre département ne va pas bien ! Sa population vieillit, et il y a peu d'emplois privés à offrir aux jeunes. » L'homme de Riscle se veut rassembleur, et souhaite devenir le député qui mettra tous les grands acteurs politiques gersois autour de la table : « Je souffre de ne pas avoir de débat de fond entre nous. Il faut vite que nous puissions faire le point ensemble, en regroupant les compétences ... » S'il reste concentré sur son échéance personnelle, Christophe Terrain n'hésite pas à porter un jugement sur la campagne qui sévit dans la seconde circonscription : « Je regrette sincèrement que mes amis n'aient pu se mettre d'accord pour porter une candidature unique. J'ai essayé de les rapprocher … » Une allusion claire à la fracture vécue par la droite made in 32 sur l'autre circonscription, avec Michel Gabas (maire d'Eauze) et Barbara Neto (adjointe de Vic-Fezensac) qui partiront en ordre dispersé face à Christopher Soccio (LREM) et au Front National : « Ils ont pris le risque que notre courant de pensée ne soit pas représenté au second tour. Ils ont fait ce choix-là en conscience, et je n'ai pas à choisir entre les deux. »

Et demain, avec Les Républicains ou avec Macron ?

Christophe Terrain n'a pas forcément fait de choix : « J'ai toujours été fidèle à mon courant de pensée, et j'ai toujours respecté le décisions parisiennes depuis la primaire. Je vais attendre de savoir si déjà il y aura ou non un groupe UDI. Ensuite je prendrai une position ... » Et de nous rappeler sa philosophie : « A chaque vote je vais me poser la question de savoir si cela va dans l'intérêt du Gers. Je serai avant tout le représentant de ma circonscription. » Un discours qui vise clairement à séduire un électorat qui pourrait être tenté de voter pour la candidat étiqueté Macron, Jean-René Cazeneuve (adjoint à Auch) … Christophe Terrain jette donc délibérément le trouble au centre (lui qui est investi et par Les Républicains, et par le mouvement Unis pour le Gers) ; il mise sur la carte de l'ancrage local pour réussir son pari.

 

 

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