Retrouvez Polic Région sur Facebook Retrouvez Polic Région sur Twitter Retrouvez Polic Région sur google + Retrouvez Polic Région sur Flickr Retrouvez Polic Région sur Youtube

Macron a terminé sa campagne à Albi et Rodez
La droite occitane commence à se diviser : Analyse
Haute-Garonne / Législatives, le grand flou
Faisons connaissance Mr Méric ! Portrait d'un "atypique libre"
Gilles Verdez publie un brûlot politique. Interview

Enquête : Mitterrand / Quand l'affaire Mazarine-Anne Pingeot était liée à un camp militaire dans l'Ariège, et au grand banditisme toulousain

Alors que l’événement littéraire de ce mois d'octobre est la parution des lettres de François Mitterrand à Anne Pingeot, voici comment à partir d'un important vol d'armes dans un camp militaire de Foix dans l'Ariège, l'ancien chef de L'Etat va monter une garde prétorienne autour de lui, de sa fille, Mazarine et d'Anne Pingeot.


En 1981, François Mitterrand succède à Valéry Giscard d'Estaing. L'écrivain et polémiste Jean-Edern Hallier qui s'est beaucoup fait remarquer pendant la campagne électorale du candidat socialiste, voudrait bien être récompensé par un poste de Ministre ou par une charge honorifique. Hélas, pour lui, rien ne vient. Pas le plus petit signe de reconnaissance ne lui est adressé. Il continue de faire le siège de l'Elysée ... en vain . L'écrivain va vouloir se venger et laver l'affront présidentiel. Jean-Edern Hallier détient, avec seulement quelques inités, un lourd secret : François Mitterrand à une liaison durable avec une historienne de l'art Anne Pingeot et ils ont une petite fille Mazarine qui est né le 18 décembre 1974 à Avignon. L'écrivain polémiste possède là une bombe atomique et menace de livrer l'histoire dans un livre.  A l'époque le nouveau Président de la République convoquait, régulièrement la presse,  le matin,  lorsqu'il sortait de son domicile officiel de la Rue de Bièvre, à Paris,  où il était censé vivre avec son épouse légitime Danielle Mitterrand. La réalité est un peu différente : il rentrait un peu plus tôt Rue de Bièvre après avoir passé la nuit avec la mère de Mazarine, pour gagner l'Elysée. A ce même domicile conjugal vivait, régulièrement,  aussi , un autre homme très proche de l'épouse du Président. La révélation de l'existence aurait été, à cette époque du plus mauvais effet, il fallait  à tout prix que l'information ne sorte pas.

 

Le vol d'ames qui permet au Président de s'organiser

 

C'est alors que survient un fait divers qui va servir au Président. Il va pouvoir agrandir, très largement, sa garde rapprochée et empêcher que rien ne filtre sur sa vie privée. Le dimanche 22 novembre 1981, au petit matin, un groupe d'hommes, peut-être au nombre de sept , selon les militaires de garde ce jour-là, pénètre, sans grandes difficultés à l'intérieur du camp militaire Clauzel, près de Foix dans l'Ariège . Ils  ligotent et bâillonnent  les soldats présents. À l'armurerie, ils s'emparent de cent treize pistolets mitrailleurs et de quatre mitrailleuses de calibre 12,7. Un camion de l'armée se trouvant là fort à propos, ils y entassent leur butin et repartent tranquillement à son bord.

 

 

Le vrai faux scoop

 

Pendant quinze jours le fait divers de Foix alimente la chronique jusqu'à ce que "Le Journal du Dimanche" ne sorte le scoop ! "C'est un commando, plus ou moins d'extrème droite,  réfugié au fin fond de l'Espagne,  qui a attaqué le dépôt de munitions de Foix . Et pour faire bonne mesure ils n'étaient pas sept, mais c'est une véritable petite armée qui s'était levée pour abattre "le pouvoir socialo-communiste qui dirigeait la France depuis le 10 mai 1981". On se doute bien que "Le Journal du Dimanche" n'a pas eu a enquêter longtemps pour obtenir son information exclusive. "Des officines proches du pouvoir" , selon la terminologie habituelle, étaient à l'oeuvre. Il fallait que ce soit énorme. Il fallait que la vie du Président soit en danger pour pouvoir le protéger puissance 10. Alors on ne fait pas dans la dentelle. Un ou plusieurs lance-roquettes ont été dérobés. Vu de Paris, Foix et Latche, la résidence secondaire du Président, c'est la porte à côté. On allait tirer sur l'hélicoptère de François Mitterrand. Branle bas de combat , il faut créer d'urgence une cellule de protection du chef de l'Etat. C'est ainsi que nait le GSPR. Le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) est mis en place par le colonel de gendarmerie Christian Prouteau qui avait mis en évidence des failles dans le service de sécurité du Président. L'unité, composée majoritairement de gendarmes de l'ancien GSIGN comptait alors 26 membres de la gendarmerie nationale et 26 membres de la Police nationale.

 

Il fallait que la vie du Président soit en danger pour pouvoir le protéger puissance 10

 

La "famille" est protégée

 

A partir de ce moment, gendarmes et policiers font leur travail sans se poser de questions. Toute la famille, au sens large, est escortée. Certes  la protection a parfois, un peu, débordée avec notamment l'affaire des "écoutes de l'Elysée". Qui était écouté ? Le spectre est large : le journaliste du Monde Edwy Plenel, en pointe dans l'affaire Greenpeace, l'avocat Antoine Comte, défenseur des Irlandais de Vincennes, Jean-Edern Hallier ainsi que sa famille,son fils, sa fille et son frère, Joël Galipapa  collaborateur de Charles Pasqua les journalistes Hervé Brusini et Michel Cardoze et aussi l'actrice Carole Bouquet, mais c'était plutôt son mari de l'époque qui était la cible. La rumeur de la fille cachée ne se répandra qu'à doses homéopathiques chez les professionnels de la profession. L'histoire ne sortira pas pour le grand public, qui ne découvrira Mazarine que lorsque le Président "autorisera Paris Match" à publier les photos de la sortie d'un grand restaurant parisien.

 

Epilogue

 

Quelques mois plus tard , deux individus sont arrêtés et l'on découvrira les armes volées, enterrées dans un jardin  près d'Auterive à 40 kilomètres de Foix. 

On découvrira aussi que ceux qui avaient  fait le coup avaient  fait leur  service militaire au Camp Clauzel et connaissaient donc bien les lieux.  Avec quelques amis du petit banditisme toulousain  ils voulaient revendre les armes, mais n'avaient pas les épaules suffisamment larges pour y parvenir. Un renseignement arrivé  aux oreilles des policiers aura permis de bloucler l'affaire.

POUR LIRE LA SUITE DE CET ARTICLE, IDENTIFIEZ-VOUS OU CRÉEZ UN COMPTE :

ARTICLE RÉSERVÉ AUX ABONNÉS
POUR LIRE CET ARTICLE :

Je m’identifie

Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Je m’abonne

Consultez nos offres d’abonnement, 
à partir de 9€/an.

VOUS POUVEZ AUSSI ACHETER LE MAGAZINE CONTENANT CET ARTICLE ICI

 

Aboonement 100% numérique