Retrouvez Polic Région sur Facebook Retrouvez Polic Région sur Twitter Retrouvez Polic Région sur google + Retrouvez Polic Région sur Flickr Retrouvez Polic Région sur Youtube

Macron a terminé sa campagne à Albi et Rodez
La droite occitane commence à se diviser : Analyse
Haute-Garonne / Législatives, le grand flou
Faisons connaissance Mr Méric ! Portrait d'un "atypique libre"
Gilles Verdez publie un brûlot politique. Interview

Bernard Cassagnet : "La Fondation du Patrimoine aide à la réalisation de projets dans tous les départements"

Depuis Prosper Mérimée et Eugène Viollet-le-Duc, les Français manifestent une attention toute particulière à leur patrimoine. Le succès des programmes télévisés - songeons au "Village préféré des Français" diffusé sur France 2 - et l'engouement pour les Journées européennes du Patrimoine instituées par le ministre de la culture Jack Lang en 1984 en sont les meilleures illustrations. La mise en place par l'Etat d'une administration des Monuments Historiques et les lois successives (1887, 1913, 1927 et 1962) ont permis de répertorier, de protéger et de restaurer les édifices et les lieux les plus emblématiques (à peu près 45.000). Hélas, ignoré des pouvoirs publics, un pan du patrimoine national est resté à l'écart de ce cadre juridique spécifique. C'est le cas du patrimoine bâti non protégé notamment en zones rurales (habitat traditionnel, églises, lavoirs, halles, fours à pain, maisons d'écrivain...) qui est longtemps resté l'angle-mort de la politique publique de préservation et de valorisation du patrimoine. C'est pour y remédier qu'a été créée la Fondation du Patrimoine. L'institution, qui vient de souffler ses 20 bougies, est devenue en deux décennies un acteur incontournable en même temps qu'un partenaire majeur des collectivités et des particuliers. A la tête de la délégation régionale Midi-Pyrénées depuis le début de l'année, Bernard Cassagnet manage une équipe de permanents et de bénévoles passionnés avec un double objectif : augmenter la collecte et multiplier les partenariats avec les collectivités.


La Fondation du Patrimoine a 20 ans

 

C'est au sénateur-maire de Saumur Jean-Paul Hugot que revient la paternité de la Fondation du Patrimoine. Chargé en 1995 par le président de la République Jacques Chirac d'une mission de réflexion sur la préservation du patrimoine non protégé, il rend un rapport qui fait date l'année suivante. Soutenue par le ministre de la culture Philippe Douste-Blazy, sa proposition de création d'une structure dédiée à la mobilisation du secteur privé (particuliers et entreprises) au service de la conservation/valorisation du patrimoine non protégé débouche sur le vote de la loi du 2 juillet 1996 qui donne naissance à la Fondation du Patrimoine. Les 6 millions d'euros qui constituent son capital initial sont réunis grâce à l'apport de treize entreprises mécènes fondatrices (Axa, Crédit Agricole, Michelin...) qui seront rejointes en 2000 par la Fédération française du Bâtiment. Reconnue d'utilité publique par un décret du 18 avril 1997, la Fondation du Patrimoine est officiellement lancée par Jacques Chirac le 18 décembre à Saint-André-de-Vézines en Aveyron. Les premières années sont difficiles. Les relations avec les pouvoirs publics, notamment avec les grands argentiers de Bercy, sont tendues. La déduction fiscale à laquelle peuvent prétendre les propriétaires à qui la Fondation délivre son label est vue d'un mauvais oeil par l'administration fiscale... Il faut attendre le début des années 2000 pour que la Fondation trouve réellement sa place dans la paysage institutionnel. L'attribution à partir de 2003 d'une fraction du produit des successions en déshérence (à l'initiative du sénateur de l'Aube Yann Gaillard), le développement du mécénat d'entreprise grâce au vote de la loi du 1er août 2003 dite loi Aillagon et l'essor du mécénat populaire donnent à la Fondation les moyens de ses ambitions. Au terme des 20 années d'un partenariat public/privé exemplaire (salué par la Cour des Comptes dans son rapport annuel en 2013), le bilan est éloquent : grâce à la mobilisation conjuguée de fonds publics (subventions publiques, cotisations, produit des successions en déshérence) et privés (mécénat, souscriptions, dons et legs), près de 30.000 projets ont été accompagnés partout en France, représentant plus de 2 milliards d'euros d'investissement et 60.000 emplois non délocalisables dans les secteurs du bâtiment et des métiers d'art. Preuve de l'attachement des Français à leur patrimoine de proximité et de coeur, l'année 2015 a connu un record de collecte avec plus de 13 millions d'euros.

 

 

Il sait que la Fondation a une solide réputation de sérieux et de bonne gestion

 

Une délégation régionale en plein renouveau

 

Depuis son bureau situé au 7e étage de l'immeuble du Belvédère à Toulouse, Bernard Cassagnet est un bénévole heureux. Ce Bigourdan de 74 ans réputé bon gestionnaire a succédé à l'Aveyronnais René Mouysset à la tête de la délégation régionale Midi-Pyrénées au début de l'année. Dès sa prise de fonctions, le dynamique retraité (toujours membre du Ceser) s'est adjoint le concours de l'ancien secrétaire général de la Fédération régionale du Bâtiment Pierre Sarrat (nommé délégué régional adjoint) et de Thomas Sun (nommé délégué en charge du mécénat). Accompagné de Rémi Paulin et Alexandre Tahon, les deux chargés de mission salariés qui ont contribué à la récente montée en puissance de la délégation, Bernard Cassagnet a fait la tournée des huit départements à la rencontre des délégués départementaux bénévoles. De retour à Toulouse, il a fixé une ambitieuse feuille de route à son équipe : accroître la collecte de 10 % pour atteindre 850.000 euros et développer les partenariats avec les collectivités. Il faut dire que Midi-Pyrénées est riche d'un patrimoine exceptionnel dont l'entretien, la restauration et la mise en valeur sont des facteurs majeurs d'attractivité touristique. Les communes l'ont bien compris si bien que les projets se multiplient donnant naissance par endroits à des clubs de mécènes (circuit automobile d'Abi, St-Cirq-Lapopie). Bernard Cassagnet parcourt Midi-Pyrénées pour signer des conventions de souscription avec de nombreuses communes (Lourdes, Saint-Bertrand-de-Comminges, Toulouse...). "La Fondation soutient des projets dans tous les départements". Particuliers ou entreprises sont invités à faire un don qui donne droit à une déduction fiscale significative : 60 % au titre de l'impôt sur les sociétés (dans la limite de 5‰ du chiffre d'affaires HT), 66 % au titre de l'impôt sur le revenu (dans la limite de 20 % du revenu imposable) ou 75 % au titre de l'ISF (dans la limite de 50.000 euros).

 

 

Les Français sont très attachés au patrimoine de proximité

 

Le site Internet de la délégation régionale recense toutes les souscriptions ouvertes au bénéfice d'opérations de restauration patrimoniale localisées aux quatre coins de Midi-Pyrénées. On peut ainsi contribuer à la restauration des tableaux de l'église Notre-Dame de la Daurade à Tarascon (09), de la chapelle des pénitents d'Espalion (12), de l'orgue de la basilique Saint-Sernin de Toulouse (31), de l'abbatiale de Simorre (32), de la maison André Breton de Saint-Cirq-Lapopie (46), de l'orangerie du château de Gardères (65), de la fontaine Le Grifoul de L'Isle-sur-Tarn (81) ou de l'église Saint-Julien de Moissac (82). Bernard Cassagnet, qui n'envisage pas de fusionner avec la délégation de Languedoc-Roussillon ("il y a tant à faire en Midi-Pyrénées"), a l'enthousiasme des bénévoles et l'ardeur des bâtisseurs. Il sait que la Fondation a une solide réputation de sérieux et de bonne gestion. Le rapport de la Cour des Comptes a mis en évidence l'une des clefs de sa réussite : "l’implication de bénévoles qualifiés et entreprenants" (au nombre de 500 dans toute la France) épaulés par "des chargés de mission salariés compétents" (près de 70). "Les élus locaux nous sollicitent de plus en plus pour les aider à financer leurs projets. C'est la preuve de notre réussite". Il sait aussi que la générosité publique a le vent en poupe et que l'Etat, malgré un contexte budgétaire contraint, s'efforce de compenser la diminution du montant total des successions en déshérence. C'est ainsi qu'en 2016, la quote-part du produit alloué à la Fondation passera de 50 à 75 %. 

POUR LIRE LA SUITE DE CET ARTICLE, IDENTIFIEZ-VOUS OU CRÉEZ UN COMPTE :

ARTICLE RÉSERVÉ AUX ABONNÉS
POUR LIRE CET ARTICLE :

Je m’identifie

Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Je m’abonne

Consultez nos offres d’abonnement, 
à partir de 9€/an.

VOUS POUVEZ AUSSI ACHETER LE MAGAZINE CONTENANT CET ARTICLE ICI

 

Aboonement 100% numérique