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Ariège / Législatives : Philippe Calléja veut défendre son territoire face aux "bobos" urbains

Philippe Calléja (LR) est un élu plutôt "grande gueule". Il n'esquive pas les sujets "tabous" pour la droite en ce moment ... Fillon, Le Pen, ruralité, loi NOTRe, cumul des mandats, il a choisi tout ce que le menu que nous lui avons proposé comportait. Ce médecin, maire de Saverdun, vice-président de la toute nouvelle communauté de communes "Portes d'Ariège Pyrénées", a décidé de se mettre en ordre de bataille pour les élections législatives. Il sera candidat dans la seconde circonscription (aujourd'hui détenue par le socialiste Alain Fauré) pour "défendre la ruralité à Paris."

Un médecin à l'Assemblée ? / Photo : Fcbk

 

Politic Région : Que pensez-vous du contexte politique général ?

Philippe Calléja : Les Français sont dans le brouillard car en fait personne n'arrive à parler des programmes. Les médias prennent en otage l'élection sur fond d'affaires ou de ralliements … A un moment donné il va bien falloir parler d'autre chose, c'est une demande des Français. Ils préfèrent le fond à la forme.

 

PR : Et si la situation perdurait jusqu'au premier tour ?

PC : On peut alors imaginer le pire. Si Marine Le Pen ou Emmanuel Macron devaient gagner, avec quelle majorité gouverneraient-ils ? Et s'ils n'arrivent pas à former une majorité, ils gouverneront alors à coups de 49-3 et d'ordonnances ? C'est inconcevable. Il va bien falloir que les Français s'interrogent sur le sens qu'ils veulent donner à leur vote. Quel président veulent-ils et avec quels moyens pour réussir le mandat ? Veulent-ils l'extrême droite à l'Elysée ou la suite du quinquennat de François Hollande ? En fait, l'alternative sérieuse c'est bien nous.

 

PR : Parlons des législatives. Les mauvaises langues annoncent que cette échéance serait devenue le nouveau plan B des Républicains … La défaite de Fillon serait-elle donc déjà actée ?

PC : Absolument pas. Dans l'esprit de la Vème république, un Président ne peut pas fonctionner sans une assemblée dotée d'une majorité cohérente, sinon on se retrouve avec une cohabitation et l'histoire récente nous a démontré les dégâts qu'un tel fonctionnement provoque … François Fillon peut donc encore gagner, et entraîner derrière lui une victoire aux législatives. Les Français sont lassés d'un tel acharnement sur notre candidat, c'est devenu trop caricatural. Il faudra bien qu'il y ait de toute façon une majorité parlementaire !

 

Je trouve plutôt rassurant le fait qu'il y ait des opinions différentes dans un même parti … 

 

PR : Il y a tout de même beaucoup de ténors des Républicains et de l'UDI qui sont plutôt silencieux en ce moment, non ?

PC : Il y a dans toutes les campagnes des personnalités qui ont des états d'âme, vous en aurez toujours. Mais la réalité c'est que des réunions publiques se tiennent et que les militants sont sur le terrain. La droite et le centre sont mobilisés. De plus, je trouve plutôt rassurant le fait qu'il y ait des opinions différentes dans un même parti … Si tout le monde pensait de manière identique il n'y aurait pas de démocratie. Les différentes tendances sont une richesse.

 

La ruralité avant tout

 

PR : Des départements comme le vôtre sont-ils les grands oubliés ?

PC : Clairement oui, et c'est pour cela que je veux utiliser le scrutin législatif pour défendre la ruralité à Paris. Je souhaite être l'expression de ces territoires délaissés par l’État et les métropoles. Regardez la catastrophe qu'est cette loi NOTRe qui entraîne « le toujours plus grand ». Ce dernier quinquennat n'a juré que par le « grand »... Résultat : aujourd'hui pour avoir une réponse à Saverdun il faut se tourner vers Montpellier ! On a fait des grandes régions, on regroupe des communautés de communes, avec pour seule conséquence l'oubli de la notion de proximité. La ruralité est donc bien devenue inaudible, c'est la grande abandonnée de la nation. Il faut impérativement la défendre, et oser dire que certaines lois sont mauvaises ! Qu'elles ne vont pas dans le sens de l'Histoire. Vous allez voir que ces parlementaires qui ont voté la loi NOTRe vont être remis en cause par leurs électeurs !

 

PR : La proximité semble être votre maître-mot …

PC : C'est le plus important, et c'est d'ailleurs pour cela que je m'oppose avec force au non-cumul des mandats. Un député ou un sénateur devrait même avoir obligatoirement un mandat local. C'est ainsi qu'on peut le mieux comprendre l'attente d'une population.

 

PR : Vous êtes à contre-courant des discours actuels, y compris dans vos rangs ?

PC : Totalement, je l'assume. Comment comprendre la réalité sans avoir les deux pieds dedans ? Ce populisme de bas-étage va provoquer des élus hors-sol. Arrêtons d'éloigner le décideur de l'électeur, ce jeu devient dangereux.

 

Arrêtons d'éloigner le décideur de l'électeur, ce jeu devient dangereux

 

PR : Vous avez décidé de tester votre programme auprès d'un panel d’ariégeois. Pourquoi un tel concept ?

PC : L'idée est d'être persuadé que mon programme puisse correspondre aux attentes du plus grand nombre. J'organise donc des réunions de quartiers, des réunions d'appartements, avec un panel représentatif formé de gens volontaires qui ont une liberté de parole totale. Je fais également la même chose avec des élus et des anciens élus … On peut ainsi enrichir le projet sur des thématiques telles que la désertification médicale, la crise agricole etc. Il s'agit d'échanger en petit comité, se dire les choses, et faire naître de nouvelles idées.

 

PR : Comment expliquez-vous la montée du Front National sur des terres rurales ?

PC : Par le sentiment d'abandon. Le monde rural se désertifie comme jamais. On sacrifie nos territoires sur l'autel de l'urbanité. Ce sont des « bobos » qui font les lois et les règles, et dans la ruralité les gens ne s'y retrouvent pas du tout … Jusqu'à aujourd'hui seul le FN a relayé cette colère, et c'est ce qui explique le mouvement actuel. C'est aussi pour cela que je veux faire entendre une autre voix aux élections législatives. Je pense avoir le profil idéal pour mettre en avant la diversité et la profondeur de mon territoire.

 

PR : L'Ariège est aussi une terre historiquement socialiste, que dîtes-vous aux électeurs ?

PC : Qu'il faut tourner la page d'un quinquennat qui a fait si mal à notre département. Il faut tourner une page autant à l’Élysée qu'en Ariège ! Il faut maintenant se tourner vers l'avenir.

 

 

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