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Alain Juppé, candidat au-dessus de la mêlée

Participer à un débat télévisé sur une heure de grande écoute visionné par des millions de téléspectateurs ne se fait pas sans une soigneuse préparation, aussi appelé média-trainging. Pour ce deuxième débat du 3 novembre 2016, certains candidats étaient mieux préparés que d’autres. Eric Morgeau, dirigeant de l’agence Com Politique basée à Perpignan, décrypte pour Politic Région toutes les techniques de communication utilisées par les candidats avec plus ou moins de succès.


« Il y a plusieurs choses qui se dégagent de ce débat en matière de techniques de communication. J’ai tout d’abord été très attentif aux attitudes physiques, aux comportements », introduit Eric Morgeau. Première observation du spécialiste en communication politique, l’attitude physique d’Alain Juppé. « Il est resté tout le long du débat droit comme un I, ne s’appuyant jamais sur son pupitre ou avachi, bien droit, bien ferme. Cela faisait probablement partie de sa préparation, il sait que sa faiblesse face aux autres candidats c’est son âge et il devait être vigilant à son attitude ». D’après l’expert en communication politique, Alain Juppé a été très bien préparé et coaché pour ce débat, tant au niveau du langage, du vocabulaire que de la stature.

Nicolas Sarkozy, le nerveux

Nicolas Sarkozy s’est montré, tout comme lors du premier débat télévisé, nerveux. « Il a été très attaqué pendant ce débat et cela lui va bien d’être sur la défensive, car c’est un combattif. Il est bon dans cet exercice. Tout comme Alain Juppé, il est rôdé à l’exercice et ne se laisse pas déstabiliser, contrairement, par exemple, à Jean-Frédéric Poisson. Mais il gesticule beaucoup, c’est un nerveux. C’est gênant, car c’est moins confortable à regarder pour le téléspectateur, plus dérangeant ». Pour Eric Morgeau, Nicolas Sarkozy a clairement usé d’une préparation technique de langage avant le débat mais il est tombé dans le contre-productivisme communicationnel. « On sentait qu’il fallait qu’il case à tout prix les mots "volonté", "fermeté", "lucidité", "détermination"…. Il a également martelé son "moi j’ai été Président", "moi je connais les difficultés", "moi je connais la fonction"…à mon sens, à force de le dire, cela a perdu en crédibilité ». Des thèmes rabâchés donc, qui auraient desservi l’ex-Président de la République. L’expert poursuit : « Nous sommes à une étape de la Primaire où s’installent les arrière-pensées. Tous se sont montrés agressifs à l’égard de Nicolas Sarkory, comme s’ils l’avaient déjà enterré, ce qu’ils n’ont pas du tout fait vis-à-vis d’Alain Juppé, qu’ils ont au contraire ménagé. Les postes ministériels étant en jeu ».

NKM s’excuse

« Nathalie Kosciusko-Morizet a adopté l’attitude physique de quelqu’un qui s’excuse. La tête un peu dans les épaules, toujours un peu en arrière, jamais devant même dans les gestes… Cela traduisait "excusez-moi d’être là, excusez-moi d’être une femme »…

Excusez-moi d’être une femme

Fillon marque des points

Alors que Nicolas Sarkozy et Alain Juppé sont en tête des sondages, l’enjeu de ce nouveau débat se situait sur la troisième place. « Si Bruno Le Maire a été pendant quelque temps en bonne position pour la troisième place, François Fillon pourrait avoir marqué des points pendant ce débat ». Le spécialiste de la communication politique a en effet observé un François Fillon rassembleur, solennel. « Il n’a pas eu l’agressivité d’un Copé, l’excuse d’une NKM. Il a été bon sur ce débat ».

Poisson et Copé, les deux mauvais élèves

Jean-Frédéric Poisson, le moins médiatisé des candidats de cette primaire, était aussi le moins à l’aise. « Il semblait souvent perdu, mal à l’aise, il ne lâchait jamais son pupitre ou seulement d’une main et surtout, il a bafouillé pendant la conclusion… Il avait été plutôt bon sur le premier débat, mais a été attaqué hier par les autres candidats, notamment sur son alliance avec Marion Maréchal Le Pen et il n’a pas su répondre ». Quant à Jean-François Copé, il a essuyé plusieurs maladresses de langages et s’est montré agressif. « Il veut faire passer un message en contradiction avec sa stature. En quoi incarnait-il hier une droite décomplexée ? Il avait l’air sévère. Son thème de campagne est mal assorti à son personnage ».

Bruno Le Maire en décalage

« Bruno Le Maire veut incarner la jeunesse, le renouveau, mais il fait plus vieux que ce qu’il voudrait afficher dans son discours. Son attitude physique et l’image qu’il souhaite véhiculer étaient en contradiction. Il avait toujours les bras collés le long du corps, même lorsqu’il bougeait les mains. Il aurait voulu se lâcher, mais il reste coincé, premier de la classe… ». Pour coller avec l’envie de surfer sur l’image du candidat le plus jeune, Bruno Le Maire a été l’un des seuls à interpeller ses concurrents par leurs prénoms, mais cet outil de langage n’a pas suffi pour convaincre.

Alain Juppé s’est donc montré serein, détendu, comme au-dessus de la mêlée, dans un débat pour nourri et plus vif que le premier. « Il avait l’avantage d’être arrivé à ce débat avec le confort d’une avance dans les sondages. Il a été le plus convaincant », conclut Eric Morgeau.

 

Retrouvez le décryptage de ce débat par le politologue toulousain Stéphane Baumont : https://www.politicregion.fr/article/debat-de-la-primaire-de-la-droite-e...

 

 

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